Qu' est ce que l'observance ?
L'observance thérapeutique : définition
La notion d'observance (ou adhérence au traitement) se définit par le fait qu'un patient donné respecte la prescription établie par le médecin. Elle peut s'exprimer par le rapport: nombre de médicaments pris / nombre de médicaments prescrits.
Les causes de la non adhésion et ses conséquences
Les causes de non adhésion au traitement sont multiples. Parmi elles, l’implication plus ou moins grande du médecin et du pharmacien, la réponse du malade – ainsi que ses caractéristiques individuelles (pathologies concomitantes, problèmes psychiatriques, etc.) –, au-delà du type de traitement proprement dit.En ce qui concerne le traitement en particulier, un large éventail de facteurs contribue effectivement à la non adhésion de celui-ci, notamment sa complexité, sa durée, les échecs préalables, les modifications fréquentes du schéma thérapeutique, l’absence immédiate d’amélioration clinique et la survenue d’effets indésirables.
Plusieurs études montrent que l’adhésion au traitement diminue au fur et à mesure que la complexité (nombre de médicaments, nombre de comprimés et nombre de doses journalières) et la durée du schéma prescrit augmentent. Les malades éprouvent des difficultés pratiques – comprendre la posologie, mémoriser les prises et leurs horaires, identifier les différents comprimés (dimension, couleur, etc.) -, ainsi que des difficultés à manipuler les emballages.
Étant donné que l’adhésion au traitement thérapeutique institué est déterminante pour la réussite de ce dernier, la non adhésion, en particulier dans les pathologies chroniques, conduit à une aggravation des maladies, d’où de nouvelles dépenses en médicaments, examens auxiliaires de diagnostic, hospitalisations et consultations médicales, ce qui entraîne un accroissement de l’absentéisme, la diminution de la productivité, ainsi que l’augmentation des décès prématurés et du nombre de personnes handicapées.
Une mauvaise observance est donc un problème majeur de santé publique ainsi qu' un problème de coûts supplémentaires pour les pouvoirs publiques.
L’éducation thérapeutique est nécessaire pour modifier les comportements et améliorer l’efficacité des traitements
On estime que, dans les pays développés,1 patient sur 2 atteint de maladies chroniques suit mal son traitement (oubli, retard de prises...):50 % des patients modifient leurs prescriptions médicales
21% modifient les doses thérapeutiques prescrites
36 % modifient la durée du traitement
Les problèmes de non adhésion au traitement s’observent dans toutes les situations où celui-ci est auto-administré, quels que soient, bien souvent, le type de maladie et la qualité et/ou l’accessibilité au système de santé. Plusieurs facteurs sont à l’origine d’une non-observance :
Les facteurs liés au patient :
- l’âge (ex. l’adolescence est une période difficile)
- le déni de sa maladie
- la mauvaise compréhension de la nécessité du traitement : pourquoi faut-il prendre un traitement même en dehors des crises ?
- le manque de confiance en son médecin qui induit le plus souvent un nomadisme médical
- l'absence d 'amélioration des symptômes à court terme
- les croyances et représentations de la maladie : fatalité, injustice…
Les facteurs liés à la maladie :
- l’observance diminue avec le temps
- en dehors des crises, le malade va bien, ce qui l’amène à ne pas prendre son traitement.
Les facteurs liés au traitement :
- la peur des effets secondaires des médicaments
- les régimes complexes
- la routine du traitement (lassitude)
- les prises multiples journalières.
Les facteurs liés au médecin :
- la mauvaise communication médecin / patient
- la trop courte durée de la consultation (manque de temps).
Cette mauvaise observance aboutit à une augmentation de la morbidité, avec une diminution de l’efficacité des traitements et une augmentation des arrêts de travail ou des absences scolaires. De plus, 30 % des hospitalisations des personnes de plus de 70 ans sont dues à des erreurs de prises médicamenteuses.
Selon l’OMS :
Le non respect du traitement thérapeutique est un problème de grande dimension à l’échelle mondiale, qui augmente parallèlement au poids global de la maladie. Une mauvaise adhésion à la thérapeutique entraîne des résultats négatifs dans les indicateurs de santé et une augmentation des dépenses de santé.Relever le niveau d’adhésion au traitement thérapeutique du malade individuel revient à augmenter son niveau de sécurité.
À cet effet :
- Les malades doivent être aidés et non pas blâmés.
- Les interventions doivent être individualisées pour chaque malade (il n’existe pas une seule stratégie qui soit efficace pour tous les malades ou toutes les maladies).
- Le changement doit se faire au travers du rôle que seront appelés à jouer les professionnels de santé et les systèmes de santé.
- Les professionnels de santé ont besoin d’une formation spécifique.
- La famille, les organisations de malades et la collectivité en général sont des facteurs clés pour l’amélioration de l’adhésion thérapeutique, ce qui met en relief l’importance d’une approche de nature pluridisciplinaire.
On identifie deux stratégies d’intervention principales pour augmenter le niveau d’adhésion au traitement thérapeutique : les stratégies éducationnelles (véhiculer l’information) et les stratégies comportementales. Celles-ci comprennent l’augmentation de la communication et du conseil, la simplification des schémas thérapeutiques, l’implication des malades dans leur traitement, les piluliers…














